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Voilà que vous roulez à bord de votre jouet préféré en hors route, que ce soit de votre VTT, moto, motoneige ou de votre embarcation marine, lorsque tout à coup les choses prennent une tournure pour le pire. Peut-être que le véhicule commence à perdre de la puissance et que vous entendez des bruits de cliquetis avant que tout devienne silencieux et immobile, ou simplement que le véhicule vous lâche sans avertissement. Quoi qu’il en soit, vous restez impuissant au milieu de la piste, du sentier ou de l’eau, et votre dernier plein de carburant pourrait en être la cause.

Cette chose m’est arrivée l’hiver passé en motoneige dans la péninsule supérieure du Lac Michigan, à bord de ma fidèle motoneige personnalisée Ski-Doo Rev 700. Moins de de 9,6 km (6 miles) après notre dernier plein, ma randonnée est venue à une fin brutale. Ce qui est advenu à mon moteur (qui avait accumulé moins de 935,6 km (600 m) depuis sa reconstruction) pourrait arriver à n’importe qui, et était le résultat d’une « tempête parfaite » de circonstances. Tout d’abord, j’avais enfreint l’une de mes propres règles personnelles. Dans ma quête pour un peu plus de performance, j’avais réglé mon jet de moyen régime plus près du réglage optimal que normalement, en réglant le calage des aiguilles de façon à améliorer la performance de mon véhicule à moyen régime. La deuxième partie de la tempête était que la station d’essence où nous avons fait le plein, utilisait un mélange de combustibles dans leur carburant avec 9 % d’éthanol, comme le font la majorité des postes d’essence. Les combustibles contenant de l’éthanol, qui sont parfois désignés comme « oxygénés », peuvent faire que votre mélange soit plus maigre qu’il le serait à 100 % d’essence. Le troisième et le plus dangereux des ingrédients causant ma panne de moteur, était un élément bien plus répandu qu’attendu … l’eau. En plus de l’éthanol à 9 % dont je ne voulais pas vraiment, mais ne pouvait éviter, mon dernier plein contenait une petite mais très importante portion d’eau.

Alors qu’aucun de ces facteurs ne pourrait endommager votre moteur par eux-mêmes, une combinaison de ceux-ci pourrait très probablement conduire à la catastrophe. Lisez la suite et nous allons vous donner quelques conseils utiles pour protéger votre moteur des surprises dans votre réservoir de carburant.

Ne laissez pas vos VTT être victimes de mélanges éthyliques.

À moins d’être un grave accroc du cheval-vapeur avec un moteur conçu spécifiquement pour supporter votre addiction, l’alcool est une très mauvaise chose pour votre moteur et votre système de carburant. L’éthanol, la sorte d’alcool qui est couramment et largement mélangé aux carburants ces jours-ci, a quelques qualités qui peuvent causer des maux de tête importants, lorsqu’il est utilisé dans un moteur de performance sport. Tout d’abord, c’est un composé oxygéné, qui signifie qu’il contient ou qu’il puise de l’oxygène. Cela a le même effet sur votre moteur qu’une fuite d’air dans vos voies d’admission ou dans vos joints, forçant votre moteur à rouler avec moins d’apport en oxygène.

On dit de l’éthanol qu’il est hygroscopique, ce qui signifie qu’il retient l’eau. L’éthanol dans votre carburant tirera, par nature, l’humidité de l’atmosphère. Plus il est exposé à l’air, plus il s’ingère jusqu’au point où le mélange eau/alcool devienne plus lourd que l’essence qui le suspend. À ce moment quelque chose de très mauvais se passe… la phase de séparation. Le mélange d’alcool et d’eau quitte l’état de suspension dans l’essence et devient un objet aqueux dans le fond de votre réservoir de carburant, votre cuve du carburateur, ou votre contenant d’essence.

La phase de séparation entraîne deux problèmes principaux. Un des problèmes est l’accumulation aqueuse formée par l’eau, l’alcool ou la boue qui va se retrouver inévitablement dans votre moteur, où il va faire des ravages. Le problème sous-jacent peut provoquer autant ou plus d’ennuis. Au moment de la phase de séparation, l’essence qui reste perd son indice d’octane. L’éthanol a naturellement une plus grande résistance à l’inflammation spontanée que l’essence. Cette résistance à l’inflammation spontanée est le fondement de votre indice d’octane. Plus l’indice est élevé, plus un carburant résistera à l’autoallumage. Par exemple, si votre mélange de carburant avait un indice de 87 et qu’on retire les effets bénéfiques de l’indice d’octane de l’éthanol, votre indice d’octane va baisser considérablement. Si vous jouez trop serré à la limite de vos besoins d’indice d’octane, cela pourrait annoncer la fin de la durée de vie de votre moteur.

Un autre élément négatif de l’éthanol est qu’il ne facilite pas le mélange avec l’huile aussi bien que l’essence… du moins pas pour longtemps. Au fil du temps, votre huile deux-temps se séparera de l’alcool, tout comme l’alcool se séparera de l’essence. Bien que ce fait ne soit pas un gros problème pour les moteurs à injection d’huile, il peut être vital dans une situation de prémélange.

Comment éviter ces problèmes? La meilleure solution consiste à éviter les mélanges de carburants lorsque c’est possible. Si vous repérez une station qui vend toujours de l’essence à 100 %, mettez-la sur votre liste de Noël! Vous pouvez éviter tous les problèmes mentionnés ci-dessus, en évitant l’éthanol chaque fois que vous le pouvez.
Un indice d’octane maigre est mauvais!

Si votre machine utilise toujours un carburateur, assurez-vous que le jet n’est pas trop maigre. La plupart des jets installés par les manufacturiers sont calibrés du côté riche pour éviter les problèmes avec les mélanges d’essence, mais si vous avez ajusté votre jet à la limite du 100 % en essence, un mélange ajouté de 10 % vous plantera dans le camp des maigres. Les véhicules à injection de carburant ne sont pas aussi sensibles à ces problèmes, mais ils ne sont toujours pas complètement protégés. Sur certaines machines à injection d’essence EFI, il est possible de modifier le mappage de carburant si vous savez que vous allez utiliser un mélange à l’éthanol, par un geste habituellement aussi simple que de débrancher un fil ou d’actionner un commutateur.
Ne pas stocker le carburant.

Les problèmes liés aux mélanges d’essences écourtent leur durée de vie comparée à celle de l’essence à 100 %. Même lorsque stockée dans un contenant scellé, l’état du mélange d’essences devient douteux au bout de 30 jours. Si ce mélange est dans votre réservoir d’essence ou dans un autre contenant ventilé, sa durée de vie diminue encore davantage. Si vous avez de l’essence qui, selon vous, pourrait être trop vieille, il est préférable de ne pas l’utiliser dans votre petit moteur. Vous pouvez probablement la verser dans votre voiture ou camion, car ces moteurs sont équipés de systèmes de gestion de carburant beaucoup plus complexes, ainsi que de capteurs sensibles aux cognements pour empêcher l’autodestruction par les détonations. Ne soyez pas si prompt à brûler de l’essence prémélangée dans votre automobile. Huile à deux temps + capteurs d’oxygène + convertisseurs catalytiques = facture de réparation importante!
Gaz sec. Oui ou non?

Beaucoup de gens ont l’habitude d’utiliser du gaz sec, comme protection contre l’eau dans leur carburant. C’est une bonne idée jusqu’à un certain point, mais il y a une importante zone grise. Si votre carburant contient déjà jusqu’à 10 % d’alcool, ou davantage à certains endroits, d’en ajouter plus n’aidera sûrement pas votre cause. Si vous utilisez du gaz sec, utilisez-le avec parcimonie! Une couple d’onces à un réservoir plein sera probablement très bien, mais la moitié d’une bouteille peut causer plus de tort que de bien. Et évitez à tout prix le gaz sec au méthanol! Le méthanol peut endommager sérieusement les matériaux utilisés dans votre système de carburant. Si vous devez utiliser le gaz sec, utilisez toujours celui de type isopropyle.

Protégez votre réserve de carburant.

Gardez toujours votre réservoir protégé contre les éléments et les débris. Gardez votre carburant dans un récipient fermé, mais n’oubliez pas ne le gardez pas longtemps. Maintenez ce conteneur dans un environnement propre et sec. Ne le laissez pas se couvrir de saletés ou d’un autre polluant et ne le laissez pas exposé aux intempéries. Tout ce qui s’accumule à l’intérieur ou sur le dessus de votre réservoir de carburant peut facilement trouver son chemin dans votre système de carburant. En outre, soyez attentif à ce qui se passe autour de vous lorsque vous remplissez le réservoir de votre VTT, motoneige, etc. Au moment de faire le plein, le vent peut souffler une quantité étonnante de poussières et de saletés dans votre réservoir, et n’oubliez pas que chaque flocon de neige qui pénètre dans votre réservoir est une goutte d’eau. Maintenez l’ouverture du réservoir protégée contre les intempéries pendant que vous remplissez et ne retirez le bouchon du réservoir que le temps nécessaire pour remplir.

Il existe également un dispositif assez pratique que nous avons utilisé ces derniers temps, pour aider à protéger nos réservoirs de carburant. M. Funnel fabrique divers entonnoirs de tailles différentes, munis d’un filtre et d’un séparateur intégré de l’eau. Il existe des modèles plus grands pour des vitesses de déversements supérieurs et de pratiques entonnoirs plus petits qui peuvent être placés dans le compartiment de rangement. Ils constituent un moyen très simple, abordable et efficace pour assurer que le carburant entrant dans votre réservoir est propre et libre d’eau.

Qu’en est-il des additifs au carburant?

Il y a environ 1 million d’additifs différents sur le marché, et à moins d’avoir un laboratoire d’essais sous la main, c’est à peu près impossible de savoir lequel est le meilleur et ceux qui fonctionnent ou non. Certains des additifs les plus populaires sur le marché sont l’Écume de mer et le Star Tron. Ces deux additifs prétendent nettoyer votre système de carburant, ainsi que stabiliser l’essence, vous protéger contre la phase de séparation et l’accumulation d’impuretés. Si possible, essayez de choisir un produit à base de pétrole, non un produit à base d’alcool. Bien sûr, le fait d’être vigilant pour garder votre combustible propre et frais est le meilleur moyen d’assurer un rendement sans problèmes, sans utiliser d’additifs.

La morale de cette histoire est de protéger votre machine de circonstances défavorables, dont vous avez le contrôle, et d’anticiper celles que vous ne pouvez éviter. C’est presque une certitude complète, qu’à un moment donné, vous devrez soumettre votre moteur à l’éthanol. Alors, nous vous suggérons de prendre des précautions contre tout dommage qu’il peut causer en vous assurant que le jet est du côté riche, une approche sécuritaire. En attendant, essayez de garder votre réserve de carburant propre et aussi frais que possible et évitez d’ajouter un cocktail d’additifs qui peuvent faire plus de mal que de bien. Un peu de vigilance peut faire la différence entre un voyage réussi et une panne de moteur coûteuse.

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